Le Rhodiola, une plante “secret défense” contre la dépression

Alors que la dépression est devenue le fléau de ces dernières décennies (on l’appelle même “le mal du siècle”), la médecine conventionnelle propose de plus en plus de traitements pour contrer ses symptômes. Malheureusement, les antidépresseurs entraînent souvent des effets secondaires déplorables.

Or, la nature est la première source de médicaments, et certaines plantes ont, non seulement des propriétés démontrées, mais des histoires surprenantes. Comme le rhodiola, efficace remède contre la dépression, qui fut, pendant des décennies, considéré comme un secret d’état soviétique.  

Le rhodiola, légendaire “racine d’or”

Le genre Rhodiola, qui appartient à la famille Crassulaceae, comprend 96 espèces de plantes vivaces, caractérisées par leurs feuilles ou tiges succulentes(1). Rhodiola rosea pousse principalement dans les régions froides du globe, comme l’Arctique, les montagnes d’Asie centrale (principalement en Sibérie) et sur les hautes altitudes d’Amérique du Nord (2).

Plante de 5-75 cm aux fleurs jaunes, le rhodiola a surtout intéressé différentes civilisations pour son rhizome, tige souterraine à l’arôme de rose, qui produit des pousses herbacées et des racines(2). Il semblerait que les Vikings consommaient déjà ce rhizome, comme un présent divin leur conférant leur vitalité et courage(3). Les premiers empereurs de Chine faisaient envoyer des expéditions en Sibérie pour ramener la précieuse plante, nécessaire à la préparation d’un breuvage énergétique(4).

Traditionnellement utilisée en France, Allemagne et Islande, la racine de rhodiola a reçu ses lettres de noblesse en figurant dans l’ouvrage Materia Medica, parmi les plantes décrites par Carl von Linné, célèbre naturaliste suédois du XVIIIème siècle(3).

Un projet secret : la plante adaptogène

L’histoire de l’utilisation du rhodiola prend un tournant rocambolesque au XXème siècle.

En 1947, débute la Guerre Froide, conflit idéologique et politique entre le bloc occidental représenté par les Etats-Unis et le bloc oriental mené par l’URSS. Le climat de rivalité politique s’étendit à tous les domaines, tant la course à l’armement, la conquête spatiale, que le sport, l’industrie et les sciences.

Ainsi, le gouvernement soviétique demanda à un toxicologue russe, le Dr. Nikolaï Lazarev, d’axer ses recherches botaniques vers l’amélioration des performances de ses soldats. Avec son élève, le Dr. Israël Brekhman, ils découvrirent des propriétés spécifiques à certaines plantes, qu’ils appelèrent “adaptogènes”(5). Celles-ci agissent sur l’organisme, sans lui causer d’effet secondaire, avant, pendant et après une période de stress physique ou psychique. Ainsi, elles aident à prévenir, surmonter et soigner les conséquences néfastes d’un stress intense, prolongé ou même, ancien(6).

On distingue les plantes adaptogènes qui agissent sur le métabolisme de l’hormone du stress, le cortisol (comme le ginseng et l’ashwagandha), de celles ayant une activité sur le métabolisme des catécholamines aux rôles de neurotransmetteurs (comme l’éleuthérocoque et le rhodiola)(6).

Les études de Lazarev et Brekhman furent particulièrement concluantes pour le Rhodiola rosea. Son efficacité fut jalousement gardée par le gouvernement soviétique : seuls pouvaient en consommer leurs athlètes, leurs cosmonautes et leurs soldats.  Ce ne fut qu’après la chute du régime communiste, en 1991, que la communauté scientifique occidentale put accéder à cette plante “secret défense” (5).

Le rhodiola pour soigner la dépression

En quoi cette plante est-elle si efficace ? Ses propriétés adaptogènes aident à réguler le stress, principale cause d’anxiété.

Le rhodiola contient des composés actifs, les rosavines (rosavine, rosarine et rosine), qui agissent en synergie avec le salidroside (ou rhodioloside), pour de puissants effets antioxydants. Différentes études ont démontré que l’extrait de rhodiola régule différents paramètres réduisant les conséquences du stress, comme la fatigue mentale et physique(7-10). L’Agence Européenne du Médicament (EMA) a d’ailleurs approuvé cette utilisation médicinale(11).   

L’effet antidépresseur du rhodiola est possible grâce à l’inhibition de deux enzymes qui dégradent certains neurotransmetteurs. En effet, il améliore la disponibilité de la sérotonine, régulatrice de l’appétit et de la libido, et de l’adrénaline, qui répond à un besoin d’énergie soudain(12).

Une étude réalisée sur 128 adultes souffrant de dépression et neurasthénie a démontré une nette amélioration de l’état général de 64% des participants (5). D’autres essais cliniques ont prouvé son action positive sur le sommeil, les fonctions psychomotrice et cognitive, sans que les patients présentent les effets secondaires propres aux antidépresseurs conventionnels(5).

Notre Rhodiola, un extrait titré en rosavines

Les poudres de racine proposées sur le marché des compléments alimentaires ne garantissent pas leur teneur en ingrédients actif. C’est pourquoi pour une action optimale, il est recommandé de consommer des extraits standardisés de Rhodiola rosea contenant au minimum 3% de rosavine(6).

Anastore propose un titrage supérieur à 5% de rosavines, garantie de son efficacité.

Bibliographie

  1. https://www.topplant.fr/rhodiola-plante/

  2. Rohloff J (2002) Volatiles from rhizomes of Rhodiola rosea L. Phytochemistry 59: 655-661.

  3. Shikov et al. (2014) Medicinal plants of the Russian Pharmacopoeia; their history and applications. J Ethnopharmacol 154: 481–536.

  4. Consulta, L., & Festival, C. C. La rhodiola, el adaptógeno natural antiestrés.

  5. Brown, R. P., & Gerbarg, P. L. (2005). The rhodiola revolution: Transform your health with the herbal breakthrough of the 21st Century. Rodale.

  6. Chemouny, B. (2012). Soigner le stress par l’homéopathie et la phytothérapie. Odile Jacob.

  7. Hung et al. (2011) The effectiveness and efficacy of Rhodiola rosea L.: A systematic review of randomized clinical trials. Phytomedicine 18: 235-244.

  8. Spasov et al. (2000) A double-blind, placebo-controlled pilot study of the stimulating and adaptogenic effect of Rhodiola rosea SHR-5 extract on the fatigue of students caused by stress during an examination period with a repeated low-dose regimen. Phytomedicine 7 (2): 85-89.

  9. Shevtsov et al. (2003) A randomized trial of two different doses of a SHR-5 Rhodiola rosea extract versus placebo and control of capacity for mental work. Phytomedicine 10: 95-105.

  10. Olsson et al. (2009) A randomised, double-blind, placebo-controlled, parallel-group study of the standardized extract SHR-5 of the roots of Rhodiola rosea in the treatment of subjects with stress-related fatigue. Planta Medica 75: 105-112.

  11. Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC) Community herbal monograph on Rhodiola rosea L., rhizoma et radix. EMA/HMPC/232091/2011.

  12. Van Diermen et al. (2009) Monoamine oxidase inhibition by Rhodiola rosea L. roots. J Ethnopharmacol 122(2): 397–401.