Médecine classique et médecines alternatives

De plus en plus de gens se tournent vers des solutions thérapeutiques "alternatives", comme l'aromathérapie (huiles essentielles), la phytothérapie (plantes), la nutrithérapie (alimentation) et l'utilisation d'hormones sous contrôle médical. Mais pour beaucoup d'autres, en revanche, vouloir mieux prendre en main sa santé à l'aide ces différentes solutions parait hasardeux. Qu'en est-il et comment éclairer nos choix de santé ?

Médecine et consumérisme

En réalité, l'opposition même d'une approche "classique" et d'une approche "alternative" est ambiguë. Dès lors, en effet, qu'une pratique thérapeutique s'appuie sur des connaissances positives, validées par l'expérience et faisant l'accord de la communauté scientifique, il n'y a aucune raison d'entretenir des querelles d'écoles ou de chapelles. Qu'est-ce que la phytothérapie, par exemple, sinon l'utilisation de principes actifs existant à l'état naturel et parfaitement déterminés chimiquement ? Aucun chimiste sérieux n'aurait l'idée de nier les résultats que lui fournissent ses expérimentations, sous prétexte que le matériau est d'origine naturelle...
D'où vient, alors, la méfiance qui s'exprime souvent à l'égard d'autres solutions thérapeutiques que celles des médicaments de synthèse ? Essentiellement de nos habitudes de "consommateurs" à l'égard de la médecine. On ne peut ignorer que la consommation de médicaments représente un marché colossal. L'exemple des huiles essentielles, par rapport à ce jeu du marché orchestré par les grands laboratoires internationaux, est particulièrement frappant. C'est à la même époque, en effet, qu'ont été mis au point les antibiotiques d'une part et des formules spécifiques et parfaitement efficaces d'huiles essentielles d'autre part. L'avantage industriel des antibiotiques est qu'ils peuvent être facilement fabriqués en masse, voire en quantité indéfinie. La cause était donc entendue.

Prendre le temps de connaitre les solutions naturelles

"Certes", se dira t-on, "mais un antibiotique ça n'est quand même pas rien. Ça sauve des vies". Personne ne peut sérieusement le nier, mais c'est précisément là qu'il faut dénoncer nos habitudes de consommateurs. Quel rapport y a-t-il, en effet, entre sauver une vie par la prescription d'antibiotiques dans des cas précis et en faire absorber à un enfant de moins de deux ans, au risque d'altérer fortement ses défenses immunitaires, cela pour un simple rhume ? Cet exemple n'a, hélas, rien d'exagéré. Le "consommateur" se choque s'il lui semble qu'on ne le prend pas au sérieux en ne lui faisant pas non seulement une longue prescription, mais encore avec des médicaments qui soient les plus "efficaces" (entendons les plus "forts") possibles.
Les solutions thérapeutiques représentées par l'aromathérapie, la phytothérapie, la nutrithérapie ou l'utilisation d'hormones sous contrôle médical exigent de faire un effort, en prenant sur soi de se renseigner et d'adapter à son cas le meilleur traitement possible. Le consommateur, en tant que tel, n'aime pas faire d'efforts. Il préfère aller vers des solutions toutes faites, sans trop se rendre compte qu'il finit par plaquer de pseudo solutions sur de pseudo problèmes ou de pseudo besoins. L'idée de prévenir plutôt que de guérir ne l'effleure que rarement. Quel intérêt ? Les médicaments ne sont-ils pas là comme autant de patchs disponibles ?
Raisonner ainsi, c'est se donner bonne conscience à bon compte. Mais quelle idée nous faisons-nous véritablement, dès lors, de l'attention qui est due à notre santé ainsi qu'à nous-même ? A l'égard de votre enfant, par exemple, vous pouvez soit aller voir le médecin aux premiers signes de maladie, soit prendre le temps de vous occuper de lui. C'est un monde de différence. Aimer quelqu'un c'est s'en occuper quand on sait pouvoir le faire, pas le confier machinalement à quelqu'un d'autre. Un rhume peut se guérir avec des massages appropriés, des fumigations de plantes, des huiles essentielles... Les soins apportés sont alors beaucoup plus qu'une médication. Tissant une relation privilégiée, ils sont un élément primordial du bien-être. Cela ne vaut-il pas la peine de voir un peu plus loin que la seule boîte de médicaments ?