CANCER DU SEIN : POUVOIR L'IGNORER

Aujourd'hui une femme sur onze est susceptible de développer un cancer du sein. La plus grande partie de la population féminine, pourtant, est encore peu informée du moyen de prévention très simple et très efficace que constitue la phytothérapie. Deux compléments alimentaires surtout, au vu des études les plus récentes, se détachent nettement : Le lycopène et le soja.

L'action du lycopène

Le lycopène fait partie de la vaste famille des caroténoïdes. Il est responsable de la pigmentation rouge de la tomate et d'autres fruits ; il est synthétisé par les plantes et les micro-organismes mais pas par les animaux, il faut donc que nous le puisions dans notre alimentation. C'est aussi l'un des principaux caroténoïdes trouvés dans le plasma humain. Enfin, son action anti-oxydante est deux fois plus importante que celle du béta-carotène.

Il est apparu récemment que l'effet inhibiteur du lycopène sur la croissance des cellules cancéreuses provenant de la muqueuse utérine et du sein est très efficace (Nahum A, Hirsch K, Danilenko M, Watts CK, Prall OW, Levy J, and Sharoni Y, Lycopene inhibition of cell cycle progression in breast and endometrial cancer cells is associated with reduction in cyclin D levels and retention of p27(Kip1) in the cyclin E-cdk2 complexes, Oncogene, 20:3428-36, 2001). Mais, plus que d'inhiber le développement des cellules cancéreuses, le lycopène est tout simplement capable d'empêcher le cancer du sein. C'est ce qui ressort d'une étude de cas portant sur les caroténoïdes en général et ayant impliqué 270 patientes. Cette étude a montré que le risque de cancer du sein double approximativement chez les sujets ayant les niveaux les plus bas en bêta - carotène. Les scientifiques en concluent donc qu'un apport alimentaire bas en caroténoïdes peut être associé avec un risque élevé de cancer du sein. (Toniolo P, Van Kappel AL, Akhmedkhanov A, Ferrari P, Kato I, Shore RE, and Riboli E, Serum carotenoids and breast cancer. American Journal of Epidemiology, 153:1142-7, 2001)

Le geste simple de choisir une supplémentation en lycopène semble donc écarter notablement le risque de développer le cancer du sein. Pourquoi l'ignorer ?

Les avantages thérapeutiques du soja

Les phyto-oestrogènes du soja, appelés isoflavones, ont une structure similaire à celle des oestrogènes. Ils permettent ainsi de prévenir de nombreux troubles liés plus ou moins directement à un déséquilibre hormonal.

Leur action permet notamment d'éviter les symptômes désagréables dus à la cessation de la production d'oestrogènes au moment de la ménopause (bouffées de chaleur, ostéoporose, perturbations neuroendocriniennes...). Cette action oestrogénique des isoflavones étant toutefois relativement faible, elle s'avère aussi particulièrement utile dans le cas des femmes qui présentent, au contraire, un excès d'oestrogènes (syndrome pré-menstruel, risque de cancer du sein ou de cancer de l'uterus). Captés, en effet, par les sites récepteurs de l'oestrogène, les isoflavones diminuent du même coup l'action éventuellement trop forte de ceux-ci.

Enfin l'incidence du cancer du sein est bien moindre chez les femmes asiatiques, qui consomment traditionnellement du soja de façon régulière. A cet égard une étude fut notamment effectuée auprès de 144 femmes de la ville de Perth (Australie), chez qui l'on venait de diagnostiquer un cancer du sein et auxquelles on confronta un groupe témoin composé d'un nombre égal de femmes d'âge et de lieu de résidence comparables. La mesure du taux d'excrétion urinaire d'entérolactone et d'équol (deux types de phyto-oestrogènes) fut associée à une diminution substantielle du risque de cancer du sein (Case-control study of phyto-oestrogens and breast cancer, Ingram D, Sanders K, Kolybaba M, Lopez D., Lancet 1997; 350: 990-994).